Une femme sur 10 est victime de viol, tentative de viol ou agression sexuelle au cours de sa vie. Le viol est un traumatisme. Beaucoup de thérapies sont inefficaces face au stress post-traumatique engendré, qui se déclenche parfois tardivement. L’EMDR, psychothérapie basée sur le mouvement oculaire, est préconisée (sous réserve) aux victimes pour lesquelles la thérapie classique n’a rien pu faire.
Sarah, frêle boxeuse, disputait la semaine dernière un combat à Nice. Avec ses 39 kilos pour un
mètre soixante, cette jeune femme de 19 ans se bat contre elle-même chaque jour, le ring n’est plus qu’un prétexte : « Un moyen de lâcher ma rage, d’apprendre à me défendre, pour que
plus jamais ça ne recommence. » « Ça », Sarah a la force de l’expliquer avec des mots : « J’ai été violée il y a quatre ans. J’habitais encore dans les quartiers chauds
de Toulouse, à Bagatelle. » Sarah entame le mois prochain une thérapie EMDR. C’est sous conseil de son médecin que la jeune femme se tourne vers cette science encore controversée, une
thérapie qui a pour but de déceler les cicatrices amnésiques.
Soigner les traumatismes refoulés
Jugée efficace dans le soin de stress post-traumatiques, cette psychothérapie pourrait soigner les
cas d’ « amnésie volontaire » comme Sarah : « Je n’ai pas porté plainte. Au début je voulais une seule chose : oublier. J’ai plus ou moins réussi « à me voiler
la face » comme le disait mon psy. L’effet boomerang du choc m’a rattrapée bien plus tard. En quatre ans, j’ai perdu 10 kilos, mes nerfs absorbaient toute mon énergie, mais je n’en avais pas
conscience jusqu’au jour où ma maigreur est devenue dangereuse. Pourtant, j’ai toujours bien mangé. C’est un type de stress post-traumatique. La médecine classique n’y pouvait rien changer,
séances après séances, parler ne me suffisait pas. » Michel Dupeyroux, psychothérapeute et psychanalyste, practicien reconnu par l’association EMDR France, exerce à Nice : « Parler
ne suffit pas. La particularité de la thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est de toucher la mémoire implicite de la victime, d’où l’efficacité de ce soin dans le cas de
traumatismes dus au viol. Elle permet par des mouvements oculaires rapides de travailler tous les registres représentatifs touchés par le traumatisme : la perception, les souvenirs, les
émotions, et les sensations corporelles. »
Tirer un trait sur le passé
L'EMDR crée un protocole sécurisant pour accompagner la personne dans son rappel du noyau traumatique. Le patient pousse
lui-même, avec l’aide d’un psychothérapeute, son inconscient et son subconscient à dégager les cicatrices cachées. En état de conscience, seul le mouvement oculaire permet créer les associations
entre connexions amnésiques et informationnelles.
Par le travail du mouvement des yeux du patient, le psychothérapeute praticien de l’EMDR cherche à désensibiliser la victime de stress post-traumatique et l’aider à retraiter l’information que son être a reçu le jour du traumatisme. Dès lors le souvenir du choc est réinséré dans le processus de synthèse de la mémoire épisodique avec le statut de souvenir passé. Sarah attend beaucoup de cette thérapie : « j’espère vraiment réussir à me « nettoyer » de ce cauchemar. Le problème c’est que je vois ça comme ma dernière chance, la seule qui pourrait être efficace. Si ça ne fonctionne pas je ne vois pas comment je m’en sortirais, je maigris à vue d’oeil. »
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||